TRAVAIL SOCIAL : PARTICIPONS A L AVENIR DE NOS METIERS


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2014-11-27 13:24

Je me permets de faire un commentaire parce que si je partage l'intérêt de maintenir l'idée d'identité de métier, je ne suis pas vraiment d'accord à réduire l'attaque dont cette identité fait l'objet qu'à des "rationalisations financières". il me semble que la démarche d'un seul métier est plus pernicieuse et renvoie d'abord la relation éducative à une intervention et non plus comme vous le signifier justement à un accompagnement. Derrière la rationalité des coûts, il y a l'idéologie néolibérale et sa dangereuse position esthétisante, disait Jean OURY. Il signifiait par là que la démarche d'une certaine forme de prises en charge des gens en grande souffrance(il s'adressait particulièrement à son environnement professionnel, c'est à dire à ses confrères psychiatres)se voulait normalisatrice, disciplinaire tel que Michel FOUCAULT l'a si bien analysé dans ses ouvrages. Le beau, le bien, le normal, le juste sont aujourd'hui définit de façon universelle, ce qui ne laisse plus d'espace d'autonomie des sujets. Le travail social, dans sa transformation, des diplômes jusqu'aux pratiques, tend à devenir l'outil de propagande de l'entreprise néolibérale. Rectifier, réparer, remettre dans le droit chemin, adapter ou réadapter nécessite une intervention (de type chirurgicale, mais pas un accompagnement. Le budget n'est que l'arbre qui cache la forêt, l'argument imparable pour franchir le pas, pour convaincre, peut-être même pour faire peur (si on ne réduit pas les budgets, on est cuit, on est mort, on est sous la domination des allemands avec en arrière fonds les vieux relents xénophobes, etc...).
Alors oui, l'autre on l'accompagne, même si les budgets sont en baisse. Sinon, c'est la fin d'une société solidaire et l'avènement d'une société unitaire et à terme totalitaire.
Frédéric ROSSI