STOP À LA MALTRAITANCE SOCIO-ÉCONOMIQUE DES AESH

Mise à jour du 10/12/2017

La société inclusive que nous promet la loi du 11 février 2005 en donnant droit aux élèves en situation de handicap d'intégrer l'Ecole dite ordinaire ne reste pour la plupart des familles concernées qu'un vœu pieux dans la mesure où les moyens humains et financiers qui devraient permettre la concrétisation de cette inclusion ne sont octroyés qu'avec une très grande parcimonie par l'Etat.   
 
En effet, depuis 2005, il n'est proposé aux moyens humains que sont les AESH que des contrats précaires à date de début et de fin en décalage avec les dates de début et de fin d'année scolaire, ce qui entraîne des interruptions dans l'accompagnement des élèves. Ces accompagnements disruptifs ont une conséquence très préjudiciable sur ces derniers dans la mesure où cela constitue un autre obstacle à leur réussite scolaire, et donc à leur inclusion sociale.   
 
La non application du droit à bénéficier d'un accompagnement humain au cours de leur scolarité constitue une discrimination sociale pour les élèves en situation de handicap. 
 
C'est pour ces raisons que l’Etat est dans l’obligation d’offrir aux AESH des contrats stables et pérennes, et que de ce fait, il remplisse enfin ses obligations vis-à-vis de ces acteurs sociaux que sont les AESH et les élèves en situation de handicap, en ne les laissant pas sur le bord du chemin.  
 
En effet comment peut-on encore, en 2017, proposer de la précarité sociale et financière à des personnes que l’on destine à l’accompagnement d’enfants fragilisés par leur situation de handicap ? Accompagner demande un investissement personnel intense qui suppose un esprit libéré de toute contrainte économique et matérielle afin de se concentrer au mieux sur la mission donnée.
 
Or que propose l’Etat depuis 2005 : des contrats précaires qui fragilisent les personnels, ce qui les conduit à rechercher ailleurs des emplois mieux rémunérés ; ceci ayant pour corollaire un déficit de personnel et des ruptures d’accompagnement, voire du non-accompagnement !   
 
Pour remédier à cette situation, l’Etat doit nous sortir de la précarité en nous titularisant afin que nous constituions un vrai corps de métier.
 
Cette mesure aurait des conséquences positives directes sur les élèves en situation de handicap : leur accompagnement ne serait plus interrompu de manière irréfléchie et leur droit à être accompagné serait enfin respecté.  
 
Signons pour que la société inclusive devienne enfin une réalité !
 
AESH Loi 2005
 
 
Mise à jour du  23/11/2017
 
Voilà deux mois que nous avons adressé notre lettre au Président de la République qui jusqu'à ce jour n'a pas daigné nour répondre. Le silence assourdissant de l'Etat nous pousse à insister lourdement pour être entendus.

Nous lui réitérons ci-après nos revendications.

Nous, accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), avons lancé cette pétition parce que notre situation socio-économique est très précaire. Nous aspirons également à une meilleure reconnaissance socio-professionnelle afin de mieux assurer la mission qui nous a été confiée : contribuer à l’insertion socio-professionnelle des élèves en situation de handicap pour que la société inclusive devienne une réalité tangible. 

Depuis la création de notre métier, nous sommes systématiquement maintenus dans la précarité par les contrats qui nous sont imposés : deux années de CUI, puis six années de CDD, avant de signer un CDI au SMIC, sans évolution de carrière.

De plus, alors que nous accompagnons les élèves de la maternelle à la terminale, voire au-delà, un diplôme de niveau V nous a été imposé par le décret n° 2016-74 du 29 janvier 2016. L'Ecole attend de nous que nous soyons en capacité d'accompagner les élèves de la maternelle au baccalauréat, ce qui suppose que nous connaissons les attendus de l'Education nationale. De ce fait, nous revendiquons une qualification professionnelle de niveau IV qui nous apporterait une plus grande reconnaissance sociale et professionnelle.

D'autre part, la création de meilleures conditions de travail remédieraient à l’actuel déficit d’AESH qui sévit sur tout le territoire En effet, les potentiels postulants se détournent de cet emploi trop précaire qui  ne leur permet pas de se construire un avenir.  En conséquence, si les AESH obtenaient des conditions de travail et de vie décentes, les abandons de poste diminueraient et le nombre d’élèves non encore accompagnés réduirait ainsi significativement. De surcroît, le droit de l’élève en situation de handicap à être accompagné au cours de sa scolarité pourrait enfin être respecté en n’étant plus l’objet de rupture, comme cela se passe tous les jours sur le terrain, soit du fait de la fin d’un contrat aidé, soit du fait de l’abandon de l’AESH, soit du fait de l'accès à un contrat mieux rémunéré.

Si nous sommes des moyens humains mis à la disposition des élèves pour contribuer au mieux à leur réalisation individuelle et citoyenne, nous sommes également des humains, c'est-à-dire des salariés qui ont besoin d’assumer des besoins primaires et secondaires avec une rémunération décente et une reconnaissance sociale, et ce, pour être à notre optimum dans l'accomplissement de notre travail.

S’occuper d’un élève en situation de handicap demande un investissement personnel intense et passionnant qui n’est pas compatible avec les inquiétudes quotidiennes liées à des problématiques matérielles et/ou financières auxquelles doit faire face la majorité d'entre nous pour survivre.

La bienveillance sociale voudrait que chaque citoyen soit reconnu comme un acteur indispensable au bon fonctionnement de la société ; la reconnaissance et la considération sociale passant par une rémunération située au-dessus du seuil de pauvreté.

 En conséquence, si l’Etat vise réellement la réalisation de la société inclusive, il se doit de donner aux travailleurs sociaux que nous sommes de meilleures conditions de travail et un revenu décent.

Nous demandons :

- la fin des embauches en CUI et des embauches directes en contrat AED-AESH par tous les rectorats du territoire et non plus par les établissements ;

- une formation adaptation à l’emploi avant la mise sur terrain de l’accompagnant(e) : le handicap ne s’improvise pas ;

- une information et une formation plus conséquente des enseignants sur l’accueil des élèves en situation de handicap, de la maternelle à la terminale, ainsi que sur le travail collaboratif avec l’accompagnant(e) ;

- Le passage du temps plein, actuellement de 41 heures, à 35 heures sans diminution de salaire dans toutes les académies ;

- une titularisation sans concours au bout de trois ans quel qu'ait été le statut (CUI ou AED-AESH ou AESH). 

- une prise en compte des années d’ancienneté (six, voire huit ans) au moment de la titularisation, en commençant à un indice plus élevé, avec application d’une grille indiciaire évolutive ;

- la réelle mise en place des entretiens tri-annuels pour les CCD et les CDI, c'est-à-dire une fois qu'ils ont eu lieu, quand ils ont lieu, le retour du compte-rendu de l’entretien d'évaluation aux AESH et sa mise en application en terme d'échelon ; 

- l’abrogation du décret du 29 janvier 2016 instaurant un diplôme de niveau V ;

- Une concertation avec l'Education nationale et des AESH pour la mise en place d’un diplôme de niveau IV ;

- La signature de l’Education nationale pour la délivrance du diplôme niveau IV. 

 

29/09/2017
Concitoyennes, concitoyens, parents d’élèves, équipes éducatives, personnel de direction d’établissements scolaires, équipes soignantes, accompagnants d’élèves en situation de handicap, nous, Accompagnants d’Elèves en Situation de Handicap (AESH), nous demandons la fin de la maltraitance socio-économique dont nous sommes l’objet.

Vous trouverez le contenu de la lettre que nous adressons à Monsieur Emmanuel MACRON, Président de la République. sur le lien suivant de notre page Facebook : https://www.facebook.com/AESHLoi2005/posts/1527314917351797

Nous sollicitons vos signatures pour avoir plus de chance d'être entendus et écoutés.

Nous réclamons :  

- la fin des embauches en CUI mais des embauches directes en contrat AED-AESH par les rectorats sur tout le territoire et non plus par les établissements ;

- Une adaptation à l’emploi avant la mise sur terrain de l’accompagnant(e) ;

- Une information et une formation plus conséquente des enseignants sur l’accueil des élèves en situation de handicap, de la maternelle à la terminale  et sur le travail collaboratif avec l’accompagnant(e) ;

- Le passage de la « période d’essai » actuellement de six ans à trois ans au moment de la signature du CDI ;

- La prise en compte des années d’ancienneté (six, voire huit ans) au moment du passage en CDI ;

- le non démarrage de l’indice au plus bas de l’échelle indiciaire en CDI ;

- L’application d’une grille indiciaire évolutive ;

- La mise en place des entretiens tri-annuels pour les CDD et les CDI ;

- L’abrogation du décret du 29 janvier 2016 instaurant un diplôme de niveau V ;

- Une concertation pour la mise en place d’un diplôme de niveau IV ;

- La signature de l’Education nationale pour la délivrance du diplôme niveau IV ;

- Une rémunération correspondant aux heures réllement effectuées (24h effectuées payées 24h et non 20h)

- Le passage du temps plein actuellement de 41heures à 35 heures, payées 41 pour une augmentation de notre pouvoir d’achat ;

- Un salaire net de 1 600 euros net pour un temps plein à 35 heures.

Virginie CASSAND
Isabelle GIRARD
Assima BOUDAA
Amal LAHARI
Alvaro LUNA PORRAS
Marie DUPUIS
 

 

 
 

 


OU

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