Pour que le projet agricole mondial Planet A, initié à Châlons, soit durable et citoyen !

Sous l’impulsion de Benoist Apparu, Châlons-en-Champagne accueillera prochainement un projet d’envergure dédié à l’agriculture. Tourné principalement vers l’industrie et les nouvelles technologies, nous demandons que ce projet, Planet A, soit réorienté en partie vers un projet agroécologique intégrant pleinement les citoyens.

 

Drones et intelligence artificielle aux commandes de la 3ème révolution agricole mondiale?

Le 26 octobre 2017, Benoist Apparu, maire de Châlons-en-Champagne, lançait une initiative appelée Planet A. Son ambition, faire de notre commune un nouveau « Davos de l’agriculture », le lieu où toutes les énergies se rassembleront pour réfléchir et mettre en œuvre « la troisième révolution agricole mondiale ». Et ce, dès 2018. 4 pôles seront progressivement mis en place :

  • Un pôle recherche et expérimentation, dédié notamment à l’utilisation des nouvelles technologies dans l’agriculture
  • Un pôle formation et support, à destination de différentes institutions (ONG, syndicats, entreprises…)
  • Un pôle consacré au développement économique, avec un incubateur de starts-ups et un village d’entreprises
  • Un pôle destiné au grand public, il comprendra un espace pédagogique dédié au cycle végétal.

Dans le numéro d’avril du mensuel de la commune « Au Fil du Mau », nous pouvons lire : « Le triangle marnais (Châlons-Reims-Epernay) s'est rassemblé autour du projet InnoBioEco2 qui porte sur la bioéconomie. Dans ce triptyque, Châlons développe en particulier la smart agriculture, l'agriculture intelligente et connectée, ainsi que l'influence et l'intelligence économique au service de l'agriculture de demain à travers le projet Planet A ».

Bien sûr nous trouvons des références à la nécessaire préservation de l’environnement - qui oserait encore prétendre que c’est inutile ? - mais miser sur l’agriculture intelligente et connectée ne nous semble pas à la hauteur des enjeux auxquels nous faisons face.

Les enjeux sont importants, notamment en matière de santé publique (voir le communiqué de presse de l’INSERM) et de biodiversité. A titre d’exemple, fin mars, des études menées par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) révélaient qu’en quinze ans, un tiers des oiseaux des campagnes françaises ont disparu (voir l’article). Le rythme continue d’accélérer, tous les pays européens sont touchés (autre article). Notre modèle agricole industriel est en cause. Tourné vers le marché mondial, il délaisse le territoire et ses habitants. Et les oiseaux ne sont pas les seuls à déserter ce paysage hostile. Alors que des milliers d’hectares de champs s’offrent à nous pour les balades, nous restons volontairement confinés dans des parcs, tant notre modèle de développement agricole est parvenu à rendre notre environnement inhospitalier. Face à cela, l’ajout de nouvelles technologies à ce modèle agricole ne nous semble pas la bonne réponse. C’est pourtant bien de cela dont il s’agit.

L’agroécologie, une alternative crédible et citoyenne !

En signant cette pétition, nous souhaitons montrer que ce n’est pas le futur auquel nous aspirons pour notre agriculture. Planet A est  un projet d’envergure mondiale très ambitieux mais bien qu’à ses prémices, il semble s’adresser en priorité aux industriels de l’agroalimentaire, de la chimie et des nouvelles technologies.

Or, nous souhaitons une agriculture qui mise avant tout sur l’utilisation et la valorisation des processus écologiques, pour exemple : les haies qui favorisent la présence de pollinisateurs, d’insectes prédateurs de pucerons et de rapaces prédateurs de campagnols, les champignons microscopiques qui aident les plantes à se nourrir, quand les plantes, en retour, nourrissent le sol à partir de l’air.

Nous souhaitons une agriculture qui nourrit ses habitants, préserve la qualité de l’eau et aménage le paysage, une agriculture qui participe à une économie locale équitable, associant agriculteurs, artisans et autres petites entreprises des territoires.

Nous souhaitons une agriculture qui mise sur une alimentation plus saine et s’inscrit dans les scénarios ambitieux d’atténuation du changement climatique et de restauration des écosystèmes (voir le scénario Afterres 2050 et l’étude NutriNet-Santé). Cette agriculture, nous la souhaitons agroécologique avant d’être agrotechnologique.   Une telle initiative correspondrait davantage à ce à quoi nous aspirons. Elle associerait naturellement les citoyens à l’échelle locale et permettrait, avec d’autres collectivités françaises déjà inscrites dans des démarches semblables, de constituer un véritable réseau de territoires engagés dans la transition écologique et sociale (voir les « territoires bio »). A l’échelle mondiale, des villes comme Detroit, Seattle ou encore Toronto ont également amorcé ce processus et pourraient rejoindre ce réseau. La visibilité internationale peut aussi se conquérir par cette voie.

En France, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) ou encore le CNRS mènent des recherches sur ces formes alternatives d’agriculture (voir un exemple d’étude). En 2016, un rapport a été publié par le CESE (Conseil Économique Social et Environnemental), à la demande du premier ministre sur les conditions et modalités selon lesquelles l’agroécologie pourrait répondre aux défis actuels de la société, prouvant ainsi son intérêt (voir le rapport). Nous pourrions également citer le rapport de l’ONU « Agroécologie et droit à l’alimentation ». Localement, des acteurs sont déjà engagés dans ces démarches. Pourtant, les documents consultés sur Planet A n’en font nulle part mention.  

Ainsi, en signant cette pétition, nous faisons une proposition. Ne concevant pas notre rôle de citoyens comme celui de spectateurs passifs des choix politiques, nous proposons, plutôt qu’un « espace pédagogique » dédié au grand public, un quatrième pôle de Planet A dédié à la recherche et au développement de l’agroécologie, dont fait partie l’agriculture biologique, et dans lequel les citoyens seraient pleinement investis.  

Par son ambition internationale, le projet Planet A concerne tous les citoyens. Concernant Châlons, après plusieurs années marquées par la perte successive des activités qui la structuraient historiquement, nous saluons les initiatives visant à faire rayonner notre commune. A ce titre, Planet A peut être une vraie opportunité. Mais en signant cette pétition, nous manifestons le souhait que Planet A promeuve particulièrement les formes d’agriculture les plus respectueuses de notre cadre de vie et de notre santé.  

Monsieur Le Maire, dans les champs, nous voudrions voir revenir les oiseaux plutôt qu’arriver les robots ! 

 


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