Non à l'Euro 2016 !

Non à l’Euro 2016 !

Non aux constructions et rénovations des stades en France !

 

L’Europe est engagée dans ce qui est l’une des plus grandes crises financières, économiques et sociales de son histoire. Les peuples – grec, espagnol, italien, irlandais, en attendant les autres… – en subissent déjà les conséquences, tour à tour touchés de plein fouet par les mesures de la « Troïka », UE (Union européenne), FMI (Fonds monétaire international) et BCE (Banque centrale européenne) qui provoquent une dégradation générale et rapide des conditions de vie : baisse des salaires, détérioration du niveau des retraites, démantèlement de la protection sociale, « détricotage » du droit du travail, licenciements, accroissement de la précarité et de la vulnérabilité, chômage massif en particulier dans la jeunesse, montée des populismes sur fond de racisme et de xénophobie, envolée d’une extrême droite fascisante, etc.

Malgré cela, la plupart des gouvernements européens n’en continuent pas moins de chercher à obtenir l’organisation de compétitions sportives de niveau international. Les conséquences financières, très souvent désastreuses pour les pays en proie à cette ivresse compétitive, sont désormais incommensurables pour des populations qui en payent trop chèrement le prix : le Portugal, après son Championnat d’Europe de football en 2004, décide de détruire les stades qui ne sont plus utilisés et que le pays est incapable d’entretenir. Bien que la sélection nationale sorte victorieuse de l’Euro 2008 et 2012 ainsi que de la Coupe du monde 2010, les clubs de football professionnels espagnols cumulent une dette globale de 3,5 milliards d’euros et 752 millions d’euros sont dus au fisc par ces mêmes clubs.

Pour l’organisation de sa Coupe du monde en 2010, l’Afrique du Sud a dépensé pour la construction de cinq nouveaux stades et la rénovation de cinq autres 1 milliard d’euros pour un montant global des dépenses s’élevant à 7 milliards (soit 30 % de dépenses de plus que prévu initialement), alors que les recettes ne se sont élevées qu’à 3,7 milliards d’euros. L’Angleterre, berceau du sport moderne et du capitalisme, possède désormais des clubs cotés en bourse mais dont l’état financier est catastrophique : en Premier League, 18 d’entre eux ont un endettement global qui s’élève à 4 milliards d’euros.

Et que dire des budgets octroyés pour l’organisation des Jeux olympiques. La Grèce a dépensé 9 milliards d’euros dont 7 milliards payés par les citoyens pour l’organisation de ses Jeux en 2004 et 5 % du PIB se sont envolés dans des installations sportives aujourd’hui rouillées et en jachère. Les Canadiens ont fini de payer en 2006 la note des Jeux olympiques de Montréal de 1976 ; et il aura fallu vingt-cinq ans pour que les Grenoblois règlent la facture des Jeux d’hiver de 1968. Le coût réel des Jeux olympiques d’été de Londres 2012 a, au minimum, quadruplé passant de 3,7 à environ 15 milliards d’euros, certains annonçant même un coût global de 28,6 milliards d’euros.

On pourrait multiplier les exemples qui tous démontrent que l’organisation de rencontres sportives internationales non seulement n’est pas une source de revenus – la manne du tourisme est, elle aussi, une belle illusion – mais qu’elle constitue une source de dépenses publiques à la façon du tonneau des Danaïdes, les stades représentant le summum des investissements inutiles et coûteux à long terme.

Une étude de la Bank of America-Merril Lynch a permis de démontrer qu’entre 1954 et 2006 les pays organisateurs de ces compétitions avaient enregistré une croissance économique inférieure à leur rythme habituel sans compter le nombre d’heures de travail perdues au moment de la retransmission des matchs eux-mêmes ! Les grandes compétitions sportives ne créent ni emplois sur le long terme, ni rayonnement pour une ville, ni croissance économique pour le pays, ni développement durable d’une pratique physique raisonnée des populations. Malheureusement, l’expérience n’a pas servi de leçon et en 2010, se moquant des erreurs du passé, Nicolas Sarkozy arrachait face à la Turquie l’obtention de l’Euro 2016.

Le coût financier de cette épreuve pour les seules constructions et rénovations des stades en France s’élèverait officiellement à 1,7 milliard d’euros. Avec cette somme, combien pourrions-nous construire de logements, d’écoles, d’hôpitaux, de gymnases et d’espaces verts pour tous ? Face à des dépenses de pur prestige considérées comme insensées, les villes de Strasbourg, de Nancy et de Nantes se sont retirées de ce projet. On rappellera le retrait de la candidature de la ville de Rome pour les Jeux Olympiques de 2020 alors que le Brésil s’est lancé, en vue de la Coupe du monde de football en 2014 et des JO en 2016, dans une dangereuse escalade de constructions sportives tous azimuts et de destructions de quartiers entiers (habitations, écoles, etc.), le gouvernement déplaçant pour l’occasion 1,5 million de familles soit près de 10 millions de personnes.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’un stade n’est pas un lieu isolé de son contexte sociopolitique, un espace neutre. Le stade n’est pas qu’un cadre architectural efficace. Partout en Europe et ailleurs, il est le lieu d’incubation de nombreuses violences, là où couvent les comportements les plus méprisables : xénophobie, antisémitisme, racisme, concentration massive de toutes les bêtises, militarisation des territoires, surveillance généralisée.

Nous refusons donc ces logiques d’appauvrissement, de militarisation, de surveillance et de répression généralisés.

À l’heure des dramatiques politiques européennes d’austérité et des coupes claires dans les budgets sociaux et culturels, nous disons :

NON aux constructions et aux rénovations pharaoniques des stades !

NON aux dépenses inutiles et délirantes d’argent dans un pays entré en récession pour quelques jours de compétition !

NON à l’organisation par la France de la 15e Édition du Championnat d'Europe U.E.F.A. de football 2016 !

NON À L’EURO 2016 !

 

[À L'INITIATIVE DE MICHEL CAILLAT, MARC PERELMAN, PATRICK VASSORT]

 


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