Maintien du domaine skiable d’Isenau

Lettre au Conseil d’Etat du canton de Vaud

Maintien du domaine skiable d’Isenau et d’un moyen de transport reliant Les Diablerets à Isenau


Remarque aux signataires :

** Cette lettre est maintenant fermée aux signatures. Elle sera présentée à la chancellerie de Lausanne mercredi 10 août, avec un peu plus de 4.500 signatures en ligne et sur papier.

Nous vous remercions pour votre participation et votre soutien à ce jour de l’effort pour sauvegarder le domaine d’Isenau et un moyen de transport reliant Les Diablerets à Isenau. **

  • Dû à un changement d’échéance, le délai pour cette lettre a été reporté au 10 août. Plus nous récoltons de signatures, plus notre voix est forte, alors contactez vos amis et tous ceux que vous savez concernés par le futur d’Isenau.
  • une dizaine de copies de cette lettre circulent dans la commune d’Ormont-Dessus
  • la lettre originale sera envoyée le 10 août 2011; elle sera accompagnée des signatures récoltées et d’un dossier photographique
  • merci d’écrire votre nom à la fin de la lettre et de préciser quel est votre lien avec les Diablerets (habitant, tourist régulier ou occasionnel des Diablerets, propriétaire de résidence principale ou secondaire, etc.)
  • une version de cette lettre traduite en anglais est en circulation ; les signatures des deux lettres seront combinées avant de l’envoyer au Conseil d’Etat en août 2011. Les signatures dupliquées seront retirées.

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Conseil d’Etat du canton de Vaud

Place du Château 4

1014 Lausanne

 

Ormont-Dessus, juillet 2011

 

Concerne : maintien du domaine skiable d’Isenau

 

Monsieur Le Président du Conseil d’Etat, Mesdames et Messieurs les Conseillers d’Etat,

Ayant appris que l’existence de la télécabine d’Isenau est en danger, la population d’Ormont-Dessus et de nombreuses personnes concernées se permettent de vous faire parvenir cette lettre.

Cette démarche est entreprise de manière indépendante, et n’est liée, ni aux autorités communales d’Ormont-Dessus, ni à la société de Télédiablerets ; elle est le fait d’un ensemble de personnes provenant de milieux variés (habitants, entreprises locales, résidents secondaires, touristes etc.) qui ont comme objectif commun le maintien d’une installation mécanique reliant Les Diablerets et Isenau.

Nous estimons que la suppression de ce moyen de transport serait catastrophique pour notre commune et ceci notamment en raison des nombreux motifs exposés ci-dessous :

Introduction

Dès les années 1930, une nécessité devient évidente : équiper la montagne en installations offrant, sans l’effort de la montée, un accès aux sommets à des skieurs de plus en plus nombreux. L’installation des remontées mécaniques constitue un pas supplémentaire dans le tourisme hivernal. Ces investissements représentent des enjeux économiques dans les régions de montagne, lesquelles offrent des postes de travail à la population locale, évitant ainsi l’exode en plaine. Les Diablerets n’y échappent pas. Un premier téléski est construit en 1942 aux Vioz. Quelques années plus tard, en 1953, à l’initiative de personnalités locales ayant œuvré corps et âme à cette entreprise, le versant sud et la région d’Isenau sont accessibles par la construction d’une télécabine à 2 places qui aboutit à un restaurant doté d’une terrasse très appréciée, ainsi qu’à des pistes faciles et ensoleillées. Les premières cabines sont remplacées en 1974 par des cabines à 4 places afin d’améliorer le débit. Au fur et à mesure des années, de nouvelles installations sont ajoutées ou rénovées sur les pentes environnantes offrant ainsi des pistes de difficultés très variées dans un site magnifique.

Tourisme d’été

Grâce à la télécabine, de nombreuses personnes ont accès facilement à un véritable balcon alpin, jouissant d’une vue exceptionnelle sur les montagnes environnantes et sur le massif des Diablerets en particulier. Les personnes à mobilité réduite ne sont ainsi pas confinées à rester en bas au village, mais peuvent profiter aussi de la vue et du bon air de l’altitude. Les marcheurs ont ainsi accès rapidement à des balades de niveaux différents, soit plus haut en direction des sommets ou des cols, soit en se rendant au lac Retaud, au col du Pillon ou en faisant le chemin des « Traverses » passant par plusieurs hameaux d’alpage authentiques. En outre, la présence d’un restaurant d’altitude et de dortoirs ainsi que de plusieurs buvettes d’alpages offre une raison supplémentaire de se rendre dans ces lieux. L’utilisation de la télécabine combinée ou pas d’une balade fait l’objet de nombreuses courses d’écoles ou camps d’été, de sorties familiales ou de groupes de jeunes et moins jeunes. Il n’est pas un guide touristique, pédestre ou un journal quotidien qui n’ait présenté cette idée de promenade ouverte à tous et jouissant d’un panorama unique. Même l’émission « Passe moi les Jumelles » de la TSR a proposé un itinéraire d’hiver en se servant des facilités de la télécabine d’Isenau.

Ajoutons aussi qu’il est aisé de se rendre aux Diablerets en transport public (train depuis Aigle ou car postal depuis Gstaad), ce qui représente un important élément d’attrait pour l’offre touristique, compatible avec le respect de l’environnement. Le canton de Vaud et la Confédération soutient d’ailleurs activement la mise en place d’un tourisme doux, mais ce qui serait paradoxal serait de voir son offre diminuer aux Diablerets où elle est existante, alors qu’ailleurs de gros efforts sont mis en place pour le soutenir. L’arrêt de cette liaison entraînerait aussi une augmentation de la circulation automobile entre le col du Pillon, le lac Retaud et Isenau, ce qui n’est évidemment pas souhaitable.

Depuis 4 ans, la télécabine d’Isenau fait aussi partie des nombreuses prestations que la région Villars-Gryon et les Diablerets offre avec la « Free Access Card » à ses hôtes et habitants. Cet effort de toute une région pour se regrouper et offrir des infrastructures et activités variées serait amplement péjorée si elle devait se priver de la télécabine d’Isenau, qui est par ailleurs le prestataire jouissant du plus grand succès aux Diablerets. Le nombre de personnes transportées en été 2006 est de 16'040, en été 2008 de 40'437 et en été 2010 de 41'909.

Priver les randonneurs estivaux de ce moyen d’accéder facilement aux alpages serait donc extrêmement préjudiciable pour le tourisme d’été et l’amputerait d’une des principales attractivités, au moment même où l’on désire améliorer le tourisme « 4 saisons ». Cette suppression irait à l’encontre de la diversification touristique préconisée dans le rapport « Stratégie de diversification touristique des Alpes vaudoises, SEREC, déc. 2005 ».

Tourisme d’hiver

Comme en été, la présence d’une télécabine permet un accès facile à Isenau, aussi bien pour les skieurs, les marcheurs, les randonneurs en raquettes ou les simples piétons désirant admirer le paysage de la terrasse du restaurant ou voir leurs enfants apprendre à skier.

Les champs de ski d’Isenau jouissent en hiver d’un ensoleillement exceptionnel, et ceci dès décembre, ce qui n’est pas le cas du domaine du Meilleret situé en face. Ils sont particulièrement appréciés des familles, puisqu’ils offrent des pistes et des remontées pour débutants et bons skieurs, avantages que l’on ne trouve pas dans les autres domaines de la station.

Les randonneurs à pied, en raquettes ou en ski de fond ont également un accès facilité pour leurs balades, soit en direction du lac Retaud, soit directement jusqu’au village sur des sentiers sécurisés et balisés. L’utilisation de la télécabine n’est ainsi pas exclusivement destinée aux skieurs qui ne représentent pas l’intégralité des touristes en séjour hivernal dans notre station.

L’école de ski des Diablerets bénéficie grandement des avantages qu’offrent les pistes d’Isenau. La présence de télécabines fermées permet une sécurité optimale pour les enfants même très jeunes et l’ensoleillement doublé de pistes faciles est idéal pour l’apprentissage du ski et des sports de glisse. Profitant de ces atouts, la majorité des cours collectifs et privés de l’école suisse de ski et de snowboard se déroulent à Isenau et il n’est pas envisageable de les déplacer au Meilleret. En effet, le terrain et les pistes de ce domaine ne se prêtent absolument pas au déroulement des classes de niveau 1 et 2 et difficilement aux classes de niveau 3 (en tout 3/5 des effectifs de l’école) et ceci même avec des aménagements des remontées mécaniques.

De nombreux camps de ski organisés par les écoles romandes et étrangères profitent aussi de ces avantages et il est clair que la disparition d’Isenau contraindrait de nombreux organisateurs à changer de station de ski. Cette inquiétude a d’ailleurs été confirmée par M. Pierre Pfefferlé, du service des sports de l’université de Lausanne, qui met sur pied régulièrement des séjours pour ski pour débutants aux Diablerets.

Relevons enfin un microclimat propice qui fait bénéficier Isenau d’une qualité de neige exceptionnelle malgré sa situation orientée au sud et l’absence de neige artificielle. Si la descente à ski jusqu’au village n’est parfois pas possible tout au long de la saison, l’utilisation des télécabines permet de pallier aisément à ce manque. En 1963-64, alors que l’on vivait un hiver sans neige, il était possible de skier à Isenau ; cette situation s’est répétée depuis à de nombreuses reprises et pas plus tard que lors de la dernière saison 2010-11 avec un enneigement remarquable, maintenu par le travail de préparation des pistes. En hiver 2008-09, les téléskis du domaine d’Isenau ont fonctionné 119 jours, en 2009-10, 108 jours et en 2010-11, 108 jours également.

Conclusion

Depuis sa création il y a plus de 50 ans, la télécabine d’Isenau et les alpages qu’elle permet d’atteindre font partie du paysage du tourisme vaudois. La station des Diablerets est indissociable du domaine desservi par la télécabine ; sa suppression modifierait passablement l’image de cette station de montagne. De nombreuses personnes habituées à la région et à ces spécificités ne comprendraient, ni n’apprécieraient cet abandon. Le choix de venir en vacances dans un endroit plutôt qu’un autre passe certes par les commodités offertes, la télécabine en est un exemple, mais également par le charme des lieux liés au paysage et aux constructions. Supprimer cet accès direct depuis le village reviendrait à se priver d’une partie du patrimoine local. Que dire d’une génération qui n’est pas capable de maintenir et de développer ce qui a été mis en place 60 ans auparavant avec enthousiasme et intelligence?

Outre le tourisme qui perdrait un maillon essentiel de son offre, la disparition d’une installation mécanique pour relier Isenau à la station, entraînerait une baisse très conséquente pour l’économie locale. Une quarantaine d’emplois liés directement à l’utilisation des remontées mécaniques et à l’exploitation du restaurant d’Isenau disparaîtrait; les buvettes d’alpages, dont certaines sont ouvertes en hiver et qui assurent un complément appréciable pour les paysans, ne pourraient plus être exploitées.

Et enfin, l’école suisse de ski qui ne pourrait pas assurer le remplacement d’une grande partie de ses cours dans un autre domaine se verrait dans l’obligation de se séparer d’une trentaine de moniteurs engagés pour la saison complète et d’une vingtaine d’autres durant la grosse période hivernale de février.

L’image des Diablerets, reconnue loin à la ronde pour le ski, serait abîmée de manière non négligeable par cette réduction de prestations et son attractivité en serait diminuée. Les touristes peuvent aisément changer de lieu de vacances si l’image donnée par la station est négative et amputée de l’un de ses attraits.

L’économie locale serait aussi indéniablement péjorée; pour les commerces, l’hôtellerie, les restaurants, les prestataires de service touristiques sans parler de la construction, la baisse de fréquentation touristique serait très grave, si ce n’est fatale. Cette évolution irait à contre-sens de la volonté des autorités et de la population de conserver dans notre vallée une population jeune et exerçant une activité économique sur place.

En espérant que vous serez sensibles à nos différents arguments pour prendre les bonnes décisions relatives à l’avenir du domaine d’Isenau, nous vous prions d’agréer, Monsieur Le Président du Conseil d’Etat, Mesdames et Messieurs les Conseillers d’Etat, nos salutations distinguées.

 

Les signataires de la liste annexée


Les signataires de la liste annexée    Contacter l'auteur de la pétition

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