DES ENFANTS EN DÉTRESSE!!! (Pétition pour Pema)

A l’attention de Madame Simonetta Sommaruga, Conseillère Fédérale en charge du Département Fédéral de Justice et Police

Pétition de soutien pour le regroupement familial en Suisse de Pema réfugiée Tibétaine et ses enfants  

L’histoire de Pema*  

(* le nom de famille n’est volontairement pas mentionné pour ne pas mettre en danger sa famille restée au Tibet)  

 

La fuite du Tibet

Pema a dû quitter précipitamment son pays en 2011 alors qu’elle était enceinte de deux mois. Menacée pour avoir témoigné de sa fidélité au Dalaï-Lama, elle a dû fuir, recherchée par la police chinoise.  

Son père a lui-même subit la torture (qui l’a rendu hémiplégique) pendant sa détention pour la même raison. En une nuit, et sans même pouvoir dire au revoir à ses enfants de 4 et 6 ans, elle a dû fuir vers le Népal, puis a rejoint la Suisse à six mois de grossesse.  

Son intégration en Suisse

En juin 2012 elle a accouché d’un garçon à la maternité de Riaz (FR). Depuis mars 2015, Pema et son fils ont reçu le statut de réfugiés (permis F).  

Un grand élan de sympathie et de solidarité s’est développé année après année dans notre vallée de la Jogne, en Gruyère, à Fribourg, et jusqu’à Genève, autour de Pema et de sa famille.

Pas à pas et grâce à son travail, Pema est désormais autonome financièrement. Elle travaille chez plusieurs employeurs, cumulant un 100 % depuis février 2018. Caritas Suisse a qualifié son intégration « d’exceptionnelle». 

Sa famille

Par une chance extraordinaire, Pema a retrouvé la trace de ses enfants (un garçon de 8 ans et une fille de 10 ans), par l’intermédiaire d’un moine de son village réfugié en Suisse. Ils ont fui le Tibet, confiés par leur père à un moine pour se rendre au Népal dans l’espoir de rejoindre leur maman. Ce moine n’étant pas parvenu à retrouver Pema et devant rejoindre un monastère en Inde, il les emmena à New Delhi pour les confier à un couple de Tibétains. Depuis, les enfants dorment seuls dans une petite chambre attenante à l’appartement du couple, trop petit pour les loger. Leurs voisins sont absents du matin au soir pour leur travail et les enfants sont laissés à eux-mêmes toute la journée, vulnérables, isolés, non scolarisés et surtout en manque d’amour parental.

Depuis 18 mois, Pema est en contact téléphonique régulier avec ses enfants. En juillet 2017, Pema et son fils ont reçu l’accord des autorités suisses pour se rendre en Inde. Leurs retrouvailles ont beaucoup rassuré les enfants et ont permis à leur maman d’organiser et d’améliorer leur quotidien. Après un mois passé ensemble, la séparation a été d’autant plus douloureuse, que les enfants sont restés seuls en Inde, dans une vulnérabilité psychologique dramatique.  

Regroupement familial  

Bien que ces enfants ne soient pas à la rue, ils pourraient être facilement exposés en Inde à des dangers au vu de leur jeune âge, de leur inexpérience de la vie ainsi que de la précarité de leur situation (enlèvement, violences, abus ou encore trafic d’organes). Ils n’ont par ailleurs aucun titre de séjour en Inde et ne parlent pas la langue d’usage. C’est pourquoi, une demande de visa humanitaire a été déposée en novembre 2016, par le biais du service juridique de Caritas Suisse, auprès de l’Ambassade de Suisse à New Delhi, requête qui a été refusée par « l’absence de l’imminence d’un danger vital concernant la vie des enfants ».

Dans le même temps, Caritas Suisse a aussi procédé à une demande de regroupement familial auprès du Secrétariat d’Etat aux Migrations (SEM), celui-ci l’a refusé une fois de plus en date du 12 janvier 2018 pour le motif suivant : Si actuellement Pema subvient à ses besoins de par son travail et malgré ses efforts d’intégration reconnus, ses revenus ne suffiront probablement pas à subvenir aux besoins de ses trois enfants en cas de regroupement familial.

Une pétition, pourquoi ?  

Face aux refus successifs du SEM d’accéder à un regroupement familial, un groupe de soutien s’est formé autour de cette famille afin de demander un traitement selon des critères humanitaires et justes de cette situation :

Pema ne pourra être renvoyée dans son pays d’origine sans mettre sa vie et celle de sa famille en grand danger. Ses enfants restés en Inde n’ont de toute façon aucune possibilité de retourner en Chine (Tibet) pour rejoindre leur père (dont ils n’ont d’ailleurs plus aucune nouvelle), car ils ne possèdent ni papiers d’identité ni visa de sortie de Chine. Le risque de persécution à leur égard et vis-à-vis de leur famille demeurée au Tibet est élevé.

La Suisse est l’unique pays où légalement un regroupement familial serait possible. Est-il seulement imaginable que ces enfants ne rejoignent jamais leur maman? Comment peut-on les abandonner à leur situation de détresse, privés d’amour parental et de protection?

Ne pas leur accorder ce regroupement familial ferait ainsi de ces enfants des orphelins. Rappelons que l’unité de la famille est un droit essentiel du réfugié.

De même que le regroupement familial représente un élément fondamental pour permettre à des personnes ayant fui des persécutions de reprendre une vie normale, nous demandons par conséquent expressément aux autorités compétentes de réexaminer cette situation avec souplesse et humanité, d’accorder aux enfants une autorisation d’entrée en Suisse conformément aux engagements de la Confédération, en vertu de la convention internationale des droits de l’enfant. Celle-ci stipule que les intérêts supérieurs des enfants , dans une décision de regroupement familial soient prioritaires.

Nous, citoyens ou habitants de Suisse, sommes attachés aux valeurs humanitaires de notre pays et sommes confiants dans la mise en application de ces valeurs.  


Sophie et André Isenegger, route de la Valsainte 53, 1654 Cerniat(CH)    Contacter l'auteur de la pétition

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