Non à la réforme du BTS IRIS

Pétition réforme IRIS


Le collectif des professeurs de BTS IRIS s'oppose à la réforme mettant en place le BTS SN (Systèmes Numériques)



 

1. Parce que sur le fond ...

  • la nouvelle filière SN/IR (Informatique et Réseaux) perd en cohérence avec le marché du travail : moins d'informatique, plus de physique
  • la nouvelle filière SN/EC (Electronique et Communication) ne correspond pas à des métiers bien définis : offres d'emploi avec les compétences affichées difficiles à trouver
  • l'orientation donnée à la nouvelle filière SN/IR est en contradiction avec les conclusions d'études et de rapports sur le numérique en France  : manque d'informaticiens, pas assez d'informatique transversale dans toutes les formations
  • pas de prise en compte réelle dans le référentiel SN/IR de l'évolution de l'informatique
  • l'augmentation des heures de physique et l'implication systématique de cette matière (au niveau du contenu et des examens)  en informatique est absurde et ne correspond à quasiment aucun besoin professionnel, particulièrement l'épreuve U5 (Intervention sur un système numérique et d'information), très inadaptée
  • l'augmentation des heures de physique s'accompagne d'une baisse de celles  d'informatique, au détriment des compétences  professionnelles nécessaires et attendues. L'évolution du secteur informatique et de ses technologies pousserait au contraire à l'augmentation des heures d'informatique.
  • avec un volume horaire réduit en informatique, cette réforme place la filière SN/IR en total décalage avec les autres formations informatiques et leur évolution : BTS SIO, DUT, "42" (free), etc
  • les heures d'informatique dans la filière IR sont diminuées sensiblement  sans modification notable du référentiel.  Le niveau de compétences va mécaniquement baisser
  • aucune information ni justification tangible de la réforme pour la filière informatique n'a été donnée ni dans le référentiel, ni par le corps d'inspection
  • aucune étude, aucun avis émanant de professionnels de la branche informatique n'étaye ou n'appuie cette réforme. Et pour cause, seule la branche Métallurgie/Électronique a été consultée. Après avoir été informé l'année dernière par nos soins, le MUNCI (association professionnel des informaticiens) a soutenu notre opposition à la réforme. Le SYNTEC NUMERIQUE, principal syndicat représentatif de la branche informatique, aurait du être consulté.
  • la baisse du volume horaire en informatique est suicidaire : les nombreux étudiants motivés par cette option se détourneront de la filière SN/IR car il y aura moins d'informatique et plus de physique. Malgré les prêches de nos inspecteurs, ce sont les étudiants qui choisissent leur formation et les sondages effectués auprès  d'eux sont sans appel : ils viennent en IRIS pour l'informatique et "subissent" globalement la physique.  Les étudiants motivés par l'informatique vont se diriger vers d'autres formations (SIO, DUT, "42" (free) ou autres écoles privées) entraînant une baisse des effectifs, voire la même désaffection que pour le BTS SE actuel
  • la montée en puissance de la physique appliquée en spécialité informatique freinera davantage l'intégration des bacheliers professionnels et leur réussite, ceci en pleine contradiction avec la volonté affichée et les exigences de nos corps d'inspection

2. Parce que sur la forme ...
  • cette fusion peut techniquement avoir lieu car l'informatique est restée historiquement un sous-ensemble du  domaine  électronique. Le président  de cette CPC inspecteur général (IG) de l'éduction nationale (EN) , responsable de la réforme, est lui-même électronicien :
- cet état de fait est en pleine contradiction avec les réalités techniques, l'évolution des technologies et la multiplication des métiers et
des offres d'emplois dans l'informatique, quand le secteur électronique est en grave crise
- compte-tenu des difficultés du secteur électronique, un débat objectif, sans représentant du domaine de l'informatique, ne peut pas avoir
lieu
  • les représentants des branches professionnelles des métiers de l'informatique n'ont pas été invités aux commissions.  Seule l'UIMM a été conviée (UIMM: syndicat de la métallurgie représentant entre autres le secteur électronique), sans respect du pluralisme nécessaire pour une réforme de cette envergure, par ailleurs prévu dans la loi : http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026304850
  • on peut s'interroger sur la place et le rôle laissés aux professeurs d'IRIS initialement présents. Ont-ils été libres d'expression ? Ont-ils été écoutés ? Ont-ils pu faire remonter des informations à leurs collègues ?
  • aucun inspecteur ou représentant de l'EN  de la discipline informatique maîtrisant les aspects techniques, industriels et économiques de ce secteur présent dans les commissions
  • différentes versions du référentiel ont circulé fin 2012, sans cohérence de fond (contenu technique, adéquation au marché du travail, ...), au gré des votes et protestations. Est-ce bien sérieux? Cela permet de cerner le seul et véritable objectif de cette réforme : sauver les sections et postes des BTS SE.
  • les justifications présentées dans le préambule du référentiel ont été variables,  fantaisistes, creuses :

Dans la dernière version du référentiel (10/2013), annexe 1A, chapitre "Les évolutions de l'électronique et de l'informatique" : seule l'électronique est présentée comme ayant évolué. Rien pour la partie informatique, sauf des généralités et quelques copiés/collés définissant les 4 secteurs de l'informatique, reprenant des éléments du référentiel du BTS Informatique Industrielle d'il y a 20 ans côtoyant quelques mots-clés grand public et d'actualité : mobilité, cloud, ....



Autre extrait de ce dernier référentiel :



"Pour ce qui est de la nécessité de rénover le BTS « informatique et réseaux pour l’industrie et les services techniques », on constate que les contenus du référentiel, notamment les contenus scientifiques, sont en décalage par rapport aux offres d’emplois sur le marché du travail aujourd’hui. Une bonne maîtrise de la démarche et des compétences liées aux méthodes expérimentales est nécessaire. Le technicien supérieur doit être capable de mettre en œuvre un protocole expérimental ou éventuellement d’en proposer un, d’exploiter des mesures, de communiquer à l’écrit et à l’oral."

La encore, quel procédé ! La fin justifie les moyens. A partir de quelle étude à été tirée cette conclusion de décalage au niveau des contenus scientifiques entre la formation IRIS et les emplois ? D'ailleurs, cet argument n'est apparu que dans la dernière mouture du référentiel, sans changement de contenu de SN/IR. D'autre part, l'observation des offres d'emplois ne va absolument pas en ce sens : dans l'immense majorité des cas, seules les connaissances et compétences purement informatiques sont décisives. C'est également ce qui est ressorti des enquêtes menées l'an passé auprès d'un grand nombre d'anciens étudiants.

La notion "d'exploitation des mesures" prend tout son sens en électronique mais très peu en informatique. Le référentiel est écrit par des électroniciens, pour des électroniciens. On retrouve aussi cela au niveau de l'épreuve E5 (Intervention sur un système numérique et d'information), inadaptée à la discipline informatique.

 

Les réponses du ministre ou du DGESIP aux courriers de collègues reprennent l'argumentaire et les éléments de langage utilisés par les promoteurs de la réforme, arguments faisant sans scrupule appel à de telles contre vérités qu'on peut se demander s'ils ont été simplement lus par leurs destinataires  :

Extraits (en italique) de la réponse de la DGESIP (24/01/2013) :


"La discipline informatique est couverte par quatre secteurs : l'informatique de gestion et de service à l'usager, l'informatique scientifique, l'informatique industrielle et l'informatique du temps réel et de la mobilité. L'enseignement de l'informatique au niveau III est couvert par trois BTS, les deux précités et le BTS services informatiques aux organisations (SIO)."

Outre le regroupement (temps réel et mobilité) qui demande des explications, on ne peut rester qu'au minimum incrédule à l'affirmation que le BTS SE participe à la discipline informatique (les BTS IRIS et BTS SE sont cités avant l'extrait copié). C'est faux et une simple lecture du référentiel du BTS SE est édifiante sur la façon dont est gérée cette réforme.

"Le gouvernement affiche le choix d'une priorité absolue à la relance industrielle, et un besoin urgent de formation de cadres intermédiaires et d'ingénieurs technologues"

Plusieurs rapports pointent précisément le manque particulièrement important d'informaticiens en France, la création d'écoles comme "42" en est d'ailleurs une conséquence directe. Il est donc surtout urgent de ne pas affaiblir une formation qui forment des techniciens compétents et qui poursuivent leurs études très majoritairement (licences, écoles d'ingénieurs pour les meilleurs).


"Le passage des élèves titulaires d'un baccalauréat professionnel en BTS, par ailleurs, doit être favorisé."

L'augmentation du volume de physique au détriment de l'informatique augmente encore la difficulté pour les bacheliers professionnels. Ils iront moins nombreux vers ce BTS et y échoueront plus en proportion.

 

"Il est donc nécessaire de créer une formation dans ce domaine qui associe des effectifs comparables : 3200 élèves pour le BTS SN et 3800 pour le BTS SIO."
Quels sont les études chiffrées qui permettent d'affirmer que cet équilibre est le bon ? En quoi est-ce un argument ? N'y-a-t-il donc aucune justification valable à donner ?

  • après la montée en puissance de la contestation (pétition, articles de presse, soutiens des branches professionnelles informatique),et des bricolages horaires au fil des versions (sans tenir compte des réalités assurant la cohérence du contenu des formations, des modalités d'examen, ...) puis le rejet massif du projet en commission, le mutisme.
  • une tentative de réforme menée de façon similaire par le même inspecteur général : le BTS Audiovisuel. Les critiques sont du même ordre : pas de considération technique professionnelle, le mélange d'options, pas de dialogue, la volonté d'imposer son point de vue sans concertation. Après une mobilisation importante, le projet a été abandonné.
  • la technique consistant à nous mettre devant le fait accompli est inacceptable :
- la fiche ONISEP descriptive du BTS SN est apparue en ligne fin 2012 alors que la réforme n'était pas validée
- des cycles de formation pour les enseignants du futur BTS SN ont été proposés alors que la réforme n'était pas validée
- plusieurs établissements présentent également le BTS SN comme déjà installé (y compris le témoignage très positif d'un étudiant fictif              de BTS SN !)
  • notre ministère a souhaité récemment que nous rappelions à la communauté scolaire, par l'affichage de la charte sur la laïcité dans nos établissements, certains des principes qui fondent notre république. Cette "république exemplaire" prônée par le président Hollande, se doit d'assurer "l'impartialité de l'Etat" et "le respect des contre-pouvoirs". Qu'en est-il dans ce processus de réforme ?

3. En conclusion

Cette réforme consiste à rapprocher de force deux filières afin de sauver heures, postes et sections du BTS SE en grande difficulté. Cela est rendu possible car l'IG en charge de la réforme, par l'inorganisation de la filière informatique dans l’Education Nationale, est seul maître à bord.

Cette réforme est menée sans concertation ni considération des acteurs du secteur informatique, qu'ils soient professionnels de l'industrie ou de l'éducation. Elle ne tient pas compte des réalités techniques, économiques et pédagogiques, pas plus que de l'avenir professionnel des étudiants de la filière informatique.

Cette réforme a reçu deux avis nettement défavorables de la Commission Supérieure de l'Education (le dernier datant du 17/10/2013).

La mise en place de cette réforme ferait prendre un risque important à la filière IRIS, en fragilisant fortement son recrutement et son devenir. Les étudiants de la filière SN/IR seraient moins nombreux et moins bien formés. Le jeu des options, dont les présences conjointes ou non dans les établissements restent toujours non définies dans le projet, entrainerait une diminution mécanique des effectifs de la filière informatique, à contre sens complet des attentes de l'industrie.

Cette redistribution des contenus pédagogiques et des compétences, les nouveaux horaires faisant la part très belle à la physique, la nouvelle ventilation du vivier de recrutement dorénavant mutualisé préserveraient certainement de nombreux postes et sections de BTS SE. L'objectif fixé par l'IG en CPC du 20/11/2011 (ci-dessous) serait atteint.

"L'argument martelé par l'inspection générale pour défendre cette fusion est qu'elle sera à même d'enrayer l'hémorragie des effectifs du BTS SE dont plusieurs sites de formation sont actuellement menacés de fermeture."

 

Mais que le prix à payer soit la mise à mal programmée de la filière BTS IRIS, de façon qualitative et quantitative, est inacceptable.




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