AECSP-AFSP Mobilisation pour les licences de science politique

AECSP- AFSP / MOBILISATION & APPEL A SIGNATURES / L'avenir des Licences de science politique

Des informations convergentes nous parviennent à propos des réticences de l'AERES et du Ministère de l'Enseignement Supérieur à envisager la réhabilitation de plusieurs diplômes de Licence 3 de science politique.

Cette situation est d'autant plus préoccupante que les conditions de réalisation des évaluations qui servent de fondement aux décisions de la DGESIP sont fort contestables puisque les comités d'évaluation de l'AERES ne comportent le plus souvent aucun politiste.
Face à cette situation très grave, l'AECSP (Association des Enseignants Chercheurs de Science Politique) et l'AFSP (Association Française de Science Politique) lancent une grande mobilisation avec :

  • L’envoi d’une lettre au Directeur de la section « Formation et diplômes » de l’AERES en date du 2 novembre 2011. Retrouver le texte intégral ci-dessous.
  • une enquête pour faire remonter les informations localement éparpillées (rapport d'évaluation, composition des comités d'évaluation...).
  • une réunion de travail organisée prochainement dans le but d'unir nos forces afin d'exiger de l'AERES plus de transparence et de rigueur mais aussi dans l'espoir de rassembler tous nos savoir-faire pédagogiques en vue d'une meilleure mutualisation au sein de notre discipline.

Pour soutenir cette mobilisation, vous pouvez signer ici pour témoigner de votre soutien au texte commun AECSP-AFSP (voir infra).

Merci de communiquer par ailleurs toutes vos informations utiles à l'adresse suivante : omaspinfos@gmail.com

Voir également notre page spéciale "Quel avenir pour les licences de science politique ?"
http://www.afsp.info/omasp/licences/avenirdeslicences.html

 

Association des Enseignants Chercheurs de Science Politique (AECSP)
Association Française de Science Politique (AFSP)

Monsieur Jean-Marc GEIB
Directeur de la section « Formations et diplômes »
AERES
20, rue de Vienne
F-75002 PARIS

Paris, le 2 novembre 2011

Monsieur le Directeur de l’AERES,

Les évaluations de plusieurs licences ou parcours de science politique émises par des comités AERES, par la sévérité des notes qui les ont accompagnées, ne laissent pas de nous étonner et de nous inquiéter quant à la place que la science politique se voit accorder au sein de notre système de formation universitaire. Si nous n’entendons pas remettre en cause le principe de l’évaluation, à la condition que celle-ci soit au service de l’amélioration de nos offres de formation et de l’innovation en matière d’ingénierie pédagogique, il nous semble que la science politique subit depuis quelques mois un traitement sinon injuste, du moins inapproprié. La mutualisation des rapports d’évaluation nous donne l'impression de remarques parfois contradictoires d'un rapport à l'autre et, globalement, d'une confusion assez générale sur ce qu'il est bon d'envisager ou pas dans les formations de science politique.

En premier lieu, nous regrettons que les évaluations portées à la connaissance des responsables de formations aient pris la forme d’un résumé bien trop cursif pour ressembler à une argumentation non seulement opposable mais surtout profitable pour tous les politistes soucieux d’améliorer leurs offres de formation. Les responsables pédagogiques peinent parfois à interpréter la teneur et la portée exactes des critiques émises, tant celles-ci demeurent formulées brièvement, tout comme les suggestions des rapporteurs et les directions vers lesquelles ceux-ci les incitent à s'orienter. Nous nous étonnons donc que les évaluations que les membres de votre agence ont produites manquent à ce point de justification. Nous demandons que les rapports soient communiqués aux responsables de diplôme et que des argumentaires beaucoup plus complets, dépassant les cinq ou six lignes, leur permettent de travailler de façon précise et constructive.

Il apparaît en outre que les comités chargés d’évaluer les formations de science politique dans lesquelles siégeaient au moins un politiste ont été très rares. Sans réclamer un seul instant que les évaluateurs de nos formations relèvent uniquement de la section 04 du CNU, il nous semble inconcevable et pédagogiquement dommageable que les licences de science politique ne soient pas évaluées par des comités pluridisciplinaires comportant en leur sein des spécialistes de notre discipline. Cette absence de collègues politistes explique sans aucun doute que nombre de critiques dont nos licences ou parcours ont fait l’objet aient davantage témoigné d’une méconnaissance de la nature épistémologique et des spécificités pédagogiques de la science politique que de remarques constructives. Nous estimons dès lors qu’une évaluation ne peut être légitime que dans la mesure où elle reconnaît l’identité d’une discipline dont la professionnalisation et l’utilité sociale ne font aucun doute. Il nous paraît à ce titre nécessaire que figure au moins un politiste parmi les membres des comités chargés d'évaluer les diplômes de science politique.

Enfin, il ressort, à la lecture des rapides remarques adressées aux responsables de formation que les liens entre la science politique et le droit ne sont pas suffisamment compris. Historiquement, la science politique, qui est une science sociale aux méthodes et aux objets différents et complémentaires de ceux des juristes, s’est développée conjointement dans les Instituts d’Etudes Politiques et dans les Facultés de droit, comme en attestent d’ailleurs les dénominations de la plupart des UFR proposant des cursus de droit et de science politique :  Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales (Lille 2, Avignon), ou Faculté de droit et de science politique (Aix-Marseille, Amiens ; Montpellier, Toulouse, Rennes. Paris 2 etc.). Les apports théoriques et méthodologiques respectifs du droit et de la science politique sont suffisamment complémentaires et productifs pour que nous choisissions souvent de partager les premières années de licence (Licences 1 et 2) au sein d’un même tronc commun de droit et de science politique. Or, certains comités ont critiqué ce partenariat dans plusieurs universités (pourtant salué dans d’autres évaluations et par un très grand nombre d’étudiants) en conseillant une autonomisation de la licence en science politique dès la Licence 1. Il nous semble pourtant que, dans de nombreux cas, il est profitable aux étudiants de maintenir cette tradition ancienne de coopération pédagogique et le nouvel arrêté licence du 1er aout 2011 mentionne bien d’ailleurs la possibilité de proposer des licences pluridisciplinaires, reposant sur une spécialisation relative et progressive.

Les formations de science politique par la diversité des domaines traités (relations internationales, politiques publiques, sociologie politique, institutions européennes etc.) offrent aux étudiants des débouchés variés, tant pour la poursuite d’études en master que sur le plan de l’insertion professionnelle. Si l'autonomisation dès la licence 1 est envisageable et produit de très bons résultats dans plusieurs facultés, il n’en reste pas moins qu’elle est difficile à mettre en œuvre compte tenu du petit nombre d’enseignants-chercheurs en science politique. C’est la raison pour laquelle nous vous demandons d’être à chaque fois attentif aux contextes institutionnels locaux dans lesquels la science politique se développe, y compris aux tentatives de compromis réalisées par des responsables de diplômes soumis à des objectifs souvent contradictoires (faire un parcours dès la L1 mais ne pas augmenter les coûts générés par les changements, développer la transdisciplinarité, les passerelles, ne pas être « tubulaires », etc.).

Désireux de pouvoir dissiper tout malentendu et d’approfondir les arguments ci-dessus développés, nous souhaiterions dès lors obtenir avec vous une entrevue. Ayant l’intention d’organiser une réunion de travail qui rassemblera au mois de décembre prochain les principaux directeurs de département et responsables de formation et de parcours en science politique, nous pourrions alors leur transmettre les éclairages que vous voudrez bien à cette occasion nous apporter.

En espérant vous avoir convaincu que la science politique méritait une évaluation adaptée et transparente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur de l’AERES, l’expression de nos respectueuses salutations.

 

Nonna Mayer, présidente de l’Association française de science politique (AFSP)
Julien Fretel, président de l’Association des enseignants chercheurs en science politique (AECSP)

 


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