STOP À LA MALTRAITANCE SOCIO-ÉCONOMIQUE DES AESH

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Mise à jour : silence assourdissant de l'Etat !

2017-11-23 02:17

Voilà deux mois que nous avons adressé notre lettre au Président de la République qui jusqu'à ce jour n'a pas daigné nour répondre. Le silence assourdissant de l'Etat nous pousse à insister lourdement pour être entendus.

Nous lui réitérons ci-après nos revendications.

Nous, accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), avons lancé cette pétition parce que notre situation socio-économique est très précaire. Nous aspirons également à une meilleure reconnaissance socio-professionnelle afin de mieux assurer la mission qui nous a été confiée : contribuer à l’insertion socio-professionnelle des élèves en situation de handicap pour que la société inclusive devienne une réalité tangible. 

Depuis la création de notre métier, nous sommes systématiquement maintenus dans la précarité par les contrats qui nous sont imposés : deux années de CUI, puis six années de CDD, avant de signer un CDI au SMIC, sans évolution de carrière.

De plus, alors que nous accompagnons les élèves de la maternelle à la terminale, voire au-delà, un diplôme de niveau V nous a été imposé par le décret n° 2016-74 du 29 janvier 2016. L'Ecole attend de nous que nous soyons en capacité d'accompagner les élèves de la maternelle au baccalauréat, ce qui suppose que nous connaissons les attendus de l'Education nationale. De ce fait, nous revendiquons une qualification professionnelle de niveau IV qui nous apporterait une plus grande reconnaissance sociale et professionnelle.

D'autre part, la création de meilleures conditions de travail remédieraient à l’actuel déficit d’AESH qui sévit sur tout le territoire En effet, les potentiels postulants se détournent de cet emploi trop précaire qui  ne leur permet pas de se construire un avenir.  En conséquence, si les AESH obtenaient des conditions de travail et de vie décentes, les abandons de poste diminueraient et le nombre d’élèves non encore accompagnés réduirait ainsi significativement. De surcroît, le droit de l’élève en situation de handicap à être accompagné au cours de sa scolarité pourrait enfin être respecté en n’étant plus l’objet de rupture, comme cela se passe tous les jours sur le terrain, soit du fait de la fin d’un contrat aidé, soit du fait de l’abandon de l’AESH, soit du fait de l'accès à un contrat mieux rémunéré.

Si nous sommes des moyens humains mis à la disposition des élèves pour contribuer au mieux à leur réalisation individuelle et citoyenne, nous sommes également des humains, c'est-à-dire des salariés qui ont besoin d’assumer des besoins primaires et secondaires avec une rémunération décente et une reconnaissance sociale, et ce, pour être à notre optimum dans l'accomplissement de notre travail.

S’occuper d’un élève en situation de handicap demande un investissement personnel intense et passionnant qui n’est pas compatible avec les inquiétudes quotidiennes liées à des problématiques matérielles et/ou financières auxquelles doit faire face la majorité d'entre nous pour survivre.

La bienveillance sociale voudrait que chaque citoyen soit reconnu comme un acteur indispensable au bon fonctionnement de la société ; la reconnaissance et la considération sociale passant par une rémunération située au-dessus du seuil de pauvreté.

 En conséquence, si l’Etat vise réellement la réalisation de la société inclusive, il se doit de donner aux travailleurs sociaux que nous sommes de meilleures conditions de travail et un revenu décent.

Nous demandons :

- la fin des embauches en CUI et des embauches directes en contrat AED-AESH par tous les rectorats du territoire et non plus par les établissements ;

- une formation adaptation à l’emploi avant la mise sur terrain de l’accompagnant(e) : le handicap ne s’improvise pas ;

- une information et une formation plus conséquente des enseignants sur l’accueil des élèves en situation de handicap, de la maternelle à la terminale, ainsi que sur le travail collaboratif avec l’accompagnant(e) ;

- Le passage du temps plein, actuellement de 41 heures, à 35 heures sans diminution de salaire dans toutes les académies ;

- une titularisation sans concours au bout de trois ans quel qu'ait été le statut (CUI ou AED-AESH ou AESH). 

- une prise en compte des années d’ancienneté (six, voire huit ans) au moment de la titularisation, en commençant à un indice plus élevé, avec application d’une grille indiciaire évolutive ;

- la réelle mise en place des entretiens tri-annuels pour les CCD et les CDI, c'est-à-dire une fois qu'ils ont eu lieu, quand ils ont lieu, le retour du compte-rendu de l’entretien d'évaluation aux AESH et sa mise en application en terme d'échelon ; 

- l’abrogation du décret du 29 janvier 2016 instaurant un diplôme de niveau V ;

- Une concertation avec l'Education nationale et des AESH pour la mise en place d’un diplôme de niveau IV ;

- La signature de l’Education nationale pour la délivrance du diplôme niveau IV. 

 

https://www.petitions24.net/stop_a_la_maltraitance_socio-economique_des_avs

 

Merci de nous soutenir pour que nos revendications soient entendues

Nous avons besoin de vous.


Virginie CASSAND

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