Devoir de mémoire envers les victimes de Polytechnique et Grande guignolée

DERNIÈRE HEURE:  MISSION ACCOMPLIE !

Je viens toute juste de recevoir ce message des dirigeants de la Grande gignolée (11 décembre 2018 / 12h12) :

 

« Bonjour M. Roy,

Nous avons retenu votre suggestion concernant l’annulation du point de collecte situé à l’angle de Décelles et Queen Mary lorsque l’activité aura lieu un 6 décembre.
Nous vous remercions de votre recommandation. Cette information sera partagée avec les intervenants impliqués dans l’organisation de La guignolée des médias.

Nous vous souhaitons de très joyeuses fêtes! »

 

Je tiens à remercier chaleureusement toutes celles et tous ceux qui m'ont appuyé dans cette démarche en signant la pétition. Votre solidarité a permis de faire bouger la chose.

Avec les années qui passent, la vigilance s'impose plus que jamais pour garder bien vivant le devoir de mémoire des 14 jeunes femmes victimes de cette tragédie sans nom.

Alain

 

Devoir de mémoire envers les victimes de Polytechnique et Grande guignolée  

Le 6 décembre dernier, jour commémoratif de la tuerie de Polytechnique, des bénévoles de la Grande guignolée des médias se sont installés au coin des rues Decelles et Queen Mary jouxtant le parc dédié aux victimes pour solliciter automobilistes et passants. Musique festive et Père Noël au milieu du parc. De toute beauté. Quel manque de délicatesse, quel manque de sensibilité. J’en ai fait part aux deux personnes qui s’approchaient de ma voiture pour me collecter. Leur réponse : « Oui, on sait, mais la vie continue, et la Grande guignolée a toujours lieu le premier jeudi de décembre ». Heurté par ces propos vides de sens, j’ai transmis sans délai mon indignation aux organisateurs de l’évènement.  

Je croyais avoir tout entendu… Le lendemain, un appel de la responsable des communications de l’évènement* m’a clairement confirmé que le devoir de mémoire de cette tragédie sans nom n’est malheureusement pas porté par toutes et tous. Après m’avoir expliqué qu’elle détectait bien la charge émotive se dégageant de mes propos (comme si, au demeurant, l’émotion relevait d’un drame personnel), la responsable m’a mentionné que mon message avait été entendu et qu’il en serait question à l’occasion du post-mortem annuel de l’évènement. Si elle s’était arrêtée là, j’aurais pu conclure à une simple maladresse des organisateurs. Mais la responsable s’est au contraire livrée à une contextualisation injustifiable. Il me faut comprendre, a-t-elle ajouté, que les organisateurs gèrent un évènement qui tombe périodiquement le 6 décembre et qui inclut le coin des rues Decelles et Queen Mary en raison du fort achalandage qu’on y observe et de l’imprimatur de la police... Bon, d’accord, lui répondis-je, mais le succès de la Grande guignolée ne repose tout de même pas sur ce seul coin de rue ! À cela, la responsable m’a prévenu qu’il faudrait alors s’attendre à ce que d’autres coins de rue posent problème, comme celui où un cycliste a été mortellement happé au cours des derniers mois. Je n’en croyais pas mes oreilles. Je lui ai souligné le caractère dramatiquement unique de la tuerie de Polytechnique où un fou misogyne a assassiné 14 jeunes femmes dans la fleur de l’âge, ce qu’elle a admis, mais en précisant que la Grande guignolée des médias avait lieu partout au Québec et qu’un autre drame s’était déroulé à la Mosquée de Québec en juin 2017. Fort bien, lui répliquai-je, mais que vient faire cette autre tragédie socialement innommable dans une conversation qui dénonce la présence de bénévoles de la Grande guignolée et de leur attirail festif, le 6 décembre, au coin des rues Decelles et Queen Mary qui jouxtent le « Parc du 6 décembre 1989 » ?  

Cet exercice d’autojustification des plus déconcertants nous enseigne au moins une chose : avec les années, le devoir de mémoire s’étiole. Il est de notre responsabilité collective de le maintenir bien vivant, de le porter haut et fort au nom des 14 jeunes femmes froidement assassinées parce qu’elles étaient des femmes. Sans nullement remettre en question l’heureuse initiative philanthropique que constitue la Grande guignolée, ce devoir de mémoire commande aux organisateurs de retirer des sites de collecte festive le coin des rues Decelles et Queen Mary et, à plus forte raison, le « Parc du 6 décembre 1989 ». Aucune cause, si noble soit-elle, ne devrait porter ombrage à la mémoire des victimes.  

Alain Roy, professeur titulaire (droit), Université de Montréal

Les signataires de cette pétition appuient la demande de l'auteur d'obtenir des organisateurs de la Grande gignolée des médias le retrait 1) du coin des rues Decelles et Queen Mary et 2) du « Parc du 6 décembre 1989 » des sites de collecte festive lorsque l'évènement annuel a lieu un 6 décembre.

* Voici la lettre officielle qu'on m'a transmise le 7 décembre, lettre au ton bureaucratique qui ajoute à l'indignation. On se retranche derrière des permis et autorisations statutaires, alors qu'on demande simplement de la compassion, de l'empathie, de la solidarité, du respect et de la considération pour le DEVOIR DE MÉMOIRE, rien d'autre.

Monsieur Roy,

À la suite de notre entretien téléphonique de ce matin, les responsables du point de collecte situé à l’angle de l’avenue Décelles et de la rue Côte-des-Neiges à Montréal (sur le terrain du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges) nous ont confirmé avoir respecté les permis obtenus auprès de la Ville de Montréal pour l’organisation de la collecte de La guignolée des médias.

Nous tenons à vous assurer qu’au cours de sa planification, toutes les démarches nécessaires ont été faites auprès l’Université de Montréal et de l’École polytechnique de Montréal pour que la tenue de notre événement annuel ne nuise à aucune des activités de commémoration prévues**.

De plus, étant donné la proximité des deux terrains, il avait été entendu avec les bénévoles que l’animation sur place ne devrait en aucun moment gêner au recueillement de ceux qui le désiraient.

Tel que mentionné et précisé ce matin, notre intention n’est absolument pas de comparer aucune tragédie entre elles, ni aucune cause à une autre, mais de maintenir une tradition chère aux gens de ce quartier qui ont l’habitude de participer à la collecte aux coins des rues.

Au nom du comité organisateur des médias, nous tenons à vous signifier de nouveau que sommes sincèrement désolés que la tenue de notre événement à cet endroit vous ait heurté et choqué. La tragédie de polytechnique est une tragédie sociale et nous prendrons encore tous les moyens pour lui accorder l’importance et la place qu’elle mérite.

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** Réponse du recteur de l'Université de Montréal, le Dr Guy Breton 

Cher collègue,

J’ai bien reçu votre message et je dois vous dire que j’ai, moi aussi, été choqué de voir les réjouissances de la guignolée des médias dans le « parc du 6 décembre 1989 », en cette journée de commémoration. 

Je suis également surpris de la réponse que vous avez reçue de la Ville concernant les autorisations qui auraient été obtenues à l’Université de Montréal. Ni le service des communications, ni le service de la Sûreté n’ont été contactés à cet égard… et bien entendu, mon cabinet non plus.  

L’événement tragique du 6 décembre 1989 est à ce point unique et grave qu’il impose un devoir de mémoire bien particulier. Pour l’Université de Montréal, cette journée demeurera à jamais un moment de réflexion et de souvenir. D’ailleurs, nos commémorations ont toujours été marquées par la sobriété et le respect. 

Mon équipe contactera la Ville de Montréal pour les sensibiliser à cet enjeu et s’assurer que la situation déplorable que vous soulignez ne se reproduise plus. Nous vous en donnerons des nouvelles dès que possible. 

Bien respectueusement   

DR GUY BRETON, C.M., M.D.

Recteur Université de Montréal

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